Conservatoire National de Région

Publié le par Jacques Lessard

CONSEIL MUNICIPAL D'AMIENS

 SEANCE DU 23 JUIN 2005

 

 

 QUESTION ORALE POSEE PAR JACQUES LESSARD

 

Par lettre du 25 mai 2005, qui demeure sans réponse à ce jour,  j’alertai le Président d’Amiens Métropole sur les graves désordres survenus au Conservatoire National de Région et qui ont nécessité la fermeture des locaux pédagogiques pour raison de sécurité.

Si, heureusement, aucune conséquence grave n’est résultée de l’effondrement des plafonds acoustiques dans une salle vide, il aurait pu tout aussi bien en être autrement.

 La fermeture de tous les locaux équipés de ces plafonds, le temps de l’expertise, est une sage précaution, qu’il faut saluer, prise par la direction du CNR et Amiens Métropole.

Il conviendra, bien entendu, d’attendre les résultats de cette expertise pour se faire une opinion définitive sur les causes de ce sinistre.

 Néanmoins, un certain nombre de faits me semblent donner matière à interrogation :

 

1 - Une délibération du Conseil d’Amiens Métropole en date du 27 septembre 2002 approuvait des avenants aux marchés des entreprises pour un montant de 253.574,90 € TTC. L’exposé des motifs est très instructif sur la nature des problèmes techniques rencontrés alors pour mener le chantier à son terme : «  Les travaux de rénovation du conservatoire, commencés en août 2001, ont été interrompus dès janvier 2002 suite aux résultats défavorables des sondages sur la structure du plancher haut de l’Auditorium Dutilleux. Ces sondages « destructifs » n’avaient pu être réalisés pendant la phase des études compte tenu des activités musicales permanentes. Le plancher haut de l’Auditorium ne pouvant accepter les surcharges engendrées par le traitement acoustiques des salles d’enseignement musical (chapes et cloisons isophoniques), une réorganisation du programme était nécessaire. Celle-ci consiste à inverser l’affectation des locaux du premier étage de l’aile sud avec ceux du deuxième étage de la partie centrale. Le premier étage de l’aile sud sera occupé par la formation musicale et le deuxième étage de la partie centrale par l’Administration. Ainsi, les moindres surcharges apportées sur le plancher haut de l’Auditorium permettent d’éviter des travaux de renforcement de cette structure au coût prohibitif. Néanmoins, ces modifications ont des incidences sur le cloisonnement et la distribution des réseaux déjà réalisés et à adapter à la nouvelle configuration. »

 Ainsi, donc la surcharge engendrée par le traitement acoustique des salles d’enseignement musical (chapes et cloison isophoniques) est connue, ainsi que ses conséquences sur le bâti.

 Le coût du renforcement de la structure située au-dessus de l’auditorium est jugé prohibitif.

Il est décidé de modifier l’affectation de locaux pour ne pas supporter ce coût. Les qualités de résistance du bâti sont à l’évidence jugées incertaines par le maître d’ouvrage (Amiens Métropole) et le maître d’œuvre.

Mais la solidité des plafonds supportant le poids des parois acoustiques dans les salles d’enseignement musical, situées de part et d’autre de la partie centrale (ailes sud et nord), ne semble alors pas mise en doute.

 

 2 - Fin 2004, pourtant un signe précurseur des désordres ultérieurs est enregistré avec l’affaissement du plafond acoustique d’une salle de piano. D’autres cas se seraient également produits dans d’autres pièces.

Tous les aléas survenus pendant le chantier et au cours des dix huit mois de fonctionnement après l’ouverture, montrent que toutes les garanties de sécurité n’étaient pas réunies.

On peut, par conséquent, estimer qu’il y a eu, de ce fait, mise en danger de la vie d’autrui. Toutes les conséquences doivent en être tirées, le cas échéant par un dépôt de plainte, afin que toute la lumière soit faite sur la responsabilité des uns et des autres.

Devant ces faits, je suis amené à poser les questions suivantes :

 

 

 -          Tous les tests nécessaires ont-ils été réalisés pour mesurer la capacité du bâti à supporter les charges prévues au programme ?

 -          L’évaluation du coût des travaux nécessaires à la rénovation a-t-elle été suffisamment ajustée aux contraintes techniques ?

 -          Lors de l’incident du mois de décembre 2004, le maître d’œuvre, Amiens Métropole et le cabinet d’études chargé de suivre le chantier, ont-ils mesuré la gravité du désordre qui se préparait ?

 -          La commission de sécurité a-t-elle constaté l’importance du problème ?

 -          Qui a pris la décision, à ce-moment-là, de ne pas vérifier toutes les autres salles et de laisser l’établissement fonctionner ?

Par ailleurs, après deux années passées à l’extérieur du CNR pendant le chantier, une nouvelle période perturbée a déjà commencé.

Il convient d’en limiter les effets négatifs pour la scolarité des élèves. Si la réalisation de travaux de confortement et de réparation dès la communication des conclusions et préconisations de l’expertise commandée par le tribunal, n’est pas possible, quelles autres solutions provisoires avez-vous envisagées,

 -          pour assurer des conditions de scolarité les moins difficiles possibles,

 -          pour préserver le caractère national du CNR ?

 Enfin, ne serait-il pas indispensable de prévoir, dés la rentrée 2005, une baisse substantielle des tarifs de scolarité pour tenir compte des désagréments subis par les élèves et les familles ? Je suggère que les tarifs appliqués avant la réévaluation liée à la mise à disposition des locaux rénovés, soient remis en vigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Prochainement la réponse)

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