THEATRE GALLO-ROMAIN: Gilles De Robien m'a répondu

Publié le par Jacques Lessard

 

 

"Je vous rappelle que Brigitte FOURÉ a reçu tous les élus qui le souhaitaient pour leur apporter tous les éléments de nature à les rassurer sur ces fouilles.

 

 

Je vous rappelle également que c’est la ville d’Amiens qui a mandaté l’INRAP pour effectuer ces fouilles archéologiques. En novembre dernier, lors d’une visite du chantier, j’ai rencontré les responsables de l’INRAP ainsi que le Directeur Régional des Affaires Culturelles et tout de suite j’ai constaté comme chacun, que ces fouilles avaient un sens, restituaient une page d’histoire d’Amiens qui était insoupçonnée et donc j’ai pensé tout de suite qu’il fallait d’une façon ou d’une autre et je l’ai déclaré en novembre « conserver ». Conserver, cela peut revêtir plusieurs formes.

 

 

Lorsque j’ai reçu les Présidents des Comités de Quartier au Ministère, là encore, je me suis engagé à conserver ces fouilles sous une forme à trouver ensemble.

 

 

Votre question M. Lessard est de savoir ce qu’exigeaient les archéologues ?

 

 

Les archéologues ont une mission bien plus complexe que de conserver. Ils relèvent, photographient, font des études, recueillent ce qui leur semble intéressant pour le stocker quelque part pour que cela reste des témoignages et que cela soit, le cas échéant, vu par d’autres archéologues ou du public mais cela moi aussi un peu surpris avec aucune contrainte d’aucune sorte pour conserver ce site. Aucune. C’est nous qui avons voulu aller plus loin que les archéologues eux-mêmes. C‘est intéressant de savoir qu’émotion et science ne sont forcement toujours pas sur le même diapason. Les archéologues avaient fait leur travail scientifique et n’en demandaient pas plus et l’émotion que j’ai ressentie, comme tout le monde sur le site, faisait pressentir qu’il fallait garder comme place Gambetta, comme sous le Coliseum. Bien sur qu’un archéologue a fait son travail, et l’a surement bien fait , mais nous, nous avons voulu faire plus. Alors, aujourd’hui où en sommes-nous ?

 

 

Aujourd’hui, j’ai pris un certain nombre de dispositions à ce sujet. C’est évidemment de préserver cet ensemble archéologique qui a plusieurs éléments dont certains, qu’on appelle un peu facilement des entrepôts, des petites pièces en briques notamment qui sont alignées les unes derrière les autres et qui pourraient être les fondations parce qu’à l’intérieur il y a des traces de brûlures comme s’ils avaient été détruits par un incendie. C’est très net dans ces pièces là qui sont distribuées par une sorte de couloir à l’intérieur. A l’intérieur on voit différents niveaux, comme vous le voyez sur l’écran, des marches, des trous, etc…Les archéologies ont fait leur boulot.

 

 

A l’extérieur de ces entrepôts, on distingue parfaitement un arc de pierre calcaire qui pourrait supposer une sorte d’amphithéâtre et qui normalement appelle un symétrique parce qu’un arc ne fait pas un amphithéâtre. Il faut deux arcs, naturellement, pour former entre eux les gradins susceptibles d’accueillir des spectateurs ou des citoyens qui viennent se faire haranguer ou le cas échéant haranguer. Et donc j’ai décidé, après en avoir parlé évidemment autour de moi, qu’il fallait les préserver d’une façon ou d’une autre et que cet ensemble qui constituait des entrepôts devait être, au moins, démonté moellon par moellon, stocké conformément aux règles de la conservation archéologique et sous la responsabilité des archéologues qui n’en demandaient pas tant. Et puis le mur du théâtre antique, ce mur de pierre blanche, qui est assez émouvant, a été entièrement démonté tronçon par tronçon de 20 cm les uns derrière les autres, pris en sandwich par des planches de bois et des serre-joints de 20 cm d’épaisseur de façon à pouvoir les démonter élément par élément parce que si on avait pris pierre par pierre, à ce moment là, tout se serait effrité et comme c’est du calcaire. La disparition à terme, je ne sais pas si c’est en terme d’années ou de décennies, était pratiquement assurée.

 

 

Ce sera stocké dans un local étanche.

J'ai demandé à la SEM Amiens Aménagement de lancer des études de fouille justement dans la partie de l'ilot de la Boucherie et la halle Freyssinet. Pourquoi? Parce que cela correspond au symétrique et donc s'il y a un côté il y a l'autre. Si l'on peut trouver l'autre sur un endroit non constructible, il faudra le préserver complétement et, selon les relevés, les études archéologiques, normalement ce mur du théâtre antique devrait se prolonger en bordure de cette zone. A ce moment-là en fonction des trouvailles ou non-trouvailles, de l'état et de l'importance des nouvelles découvertes qui se trouvent sur la zone à aménager, on va faire un projet de construction qui sera adapté à la mise en valeur du site. C'est à dire que si ces ruines se trouvent sur l'espace public prévu près de la halle Freyssinet, cet espace sera entièrement aménagé pour les mettre en valeur. Si on ne trouve pas de traces du symétrique, à cet endroit nouveau, les élèments que nous venons de préserver et conserver, seront installés et reconstitués à la place du symétrique que nous n'aurions pas trouvé. Et donc, je proposerai très rapidement, en tout cas, le projet d'aménagement d'ensemble de cet espace.

Nous sommes tous préocuppés par l'interpellation du passé que l'on soit amiénois de fraîche date ou que l'on soit amiénois de tout temps.

Nous sommes tous interpellés par le passé de notre ville parce que le passé nous porte vers l'avenir et je pense que le fait que nous ayons beaucoup de chantier dans la ville, c'est une richesse de plus. Ce n'est pas le projet en lui-même qui est une richesse, c'est en même temps de retrouver la mémoire de la ville qui s'ajoute à la richesse du chantier supplémentaire et donc, nous sommes tous respectueux de ce passé qui nous aide aussi à bâtir l'avenir."

 

 

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