MAI 68

Publié le par Jacques Lessard

 

Bercy, 29 avril 2007... Meeting de Nicolas Sarkozy.. On n’en croit pas ses oreilles ! Ainsi donc, les maux dont souffre notre beau pays seraient nés en Mai 68 ...

Passe encore que la droite se berce avec la bonne vieille école où  les « valeurs et la hiérarchie » faisaient régner l’ordre : ne se souvient-il pas Nicolas - il avait treize ans comme moi - de la « société bloquée » sous une chape de plomb, du manque de libertés, les filles d’un côté, les garçons de l’autre, les luttes pour la contraception, le droit à l’avortement, puis  celles des jeunes appelés dans les casernes pour assouplir le règlement du service militaire...

Mai 68, en France et ailleurs en Europe et dans le monde a permis à la jeunesse et aux moins jeunes de respirer un peu et de faire avancer une société qui étouffait.

 Mai 68 cela a été aussi des millions de salariés en grève

pour les salaires et de nouveaux droits.

 De tout cela et de sa grande peur du peuple qui se  rebelle, la droite se souvient et voudrait en conjurer le sort, gommer ces traces dans l’histoire, des fois que... il reprendrait l’idée aux gueux de 2007 de se soulever une nouvelle fois.

Passe encore donc, le discours sur l’école d’avant ( celle qui sélectionnait à l’entrée...), c’est un  archi - classique réflexe à droite, mais oser clamer que « le culte de l’argent - roi, du profit à court - terme, de la spéculation, les dérives du capitalisme financier ont été portés par les valeurs de mai 68 », que « la contestation de tous les repères éthiques a contribué à affaiblir la morale du capitalisme, qu’elle a préparé le terrain au capitalisme sans scrupule des parachutes en or, des retraites chapeaux, des patrons voyous », c’est proprement se moquer des Français, quand on sait les soutiens que recueille  l’intéressé au Medef, chez ces mêmes grands patrons, tous cotés au Cac 40 ! Quel cynisme !

Pour qui nous prend-il ? Jusqu’où ira-t-il ?

N’a-t-il jamais entendu parler du « mur d’argent », des « deux cents familles » ?

Ce n’est pas en 68 que le capitalisme des prédateurs a commencé de sévir et il en a fallu du courage et des luttes au peuple de France pour promouvoir d’autres valeurs que celles de la Bourse et des rentiers.

Quelle triste vision de notre pays et de notre histoire !

Pas étonnant pour quelqu’un qui est allé s’excuser auprès de Bush de l’attitude, à ses yeux, trop indépendante de son propre pays à l’égard des E.-U...

Décidément confier la conduite du pays à un tel réactionnaire,

ce serait enclencher la marche arrière,

la machine à remonter le temps,

quand il faut au contraire redonner de la confiance et de l’espoir et se tourner vers l’avenir.

Dimanche, sans cacher  certaines différences d’appréciation sur le pacte présidentiel, mais sans hésitation, pour battre M.Sarkozy, je voterai Ségolène Royal.

Publié dans COUPS DE GUEULE

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