TCSP

Publié le par Jacques Lessard

Conseil municipal - séance du 22/09/2005

Question orale

                                    

Notre ville dispose depuis 2002 d’un Plan de Déplacements Urbains mais y-a-t-il véritablement une politique des déplacements et des transports à  Amiens ?

Le PDU prévoyait en effet le choix du mode et du tracé d’une première ligne de TCSP en 2003 et le début des travaux en 2006.

Aujourd’hui, fin 2005, M. l’Adjoint à l’Urbanisme reconnaît au cours des réunions de présentation du projet de règlement du Plan Local d’Urbanisme, qu’après plusieurs essais, il est dans l’impossibilité de définir valablement des options de tracé complet de cette ligne.

Tout en se flattant néanmoins d’avoir innové, en affirmant qu’il est quasiment le premier à avoir eu l’idée de programmer la réalisation de la ligne de TCSP avant la construction de logements sur la zone Intercampus : merci de reprendre cette proposition de l’opposition, que vous ne jugiez pas intéressante il y a peu !...Toutes les villes ont utilisé le formidable moteur qu’est la création d’un TCSP pour repenser et rénover leur paysage urbain et son fonctionnement.

Par ailleurs, Mme la Vice-Présidente d’Amiens Métropole, chargée de la mise en œuvre du PDU, laissait clairement entendre en comité de suivi du PDU, en novembre 2004, que le choix du mode de TCSP est entièrement ouvert, tandis que M. l’Adjoint à l’Urbanisme, la semaine dernière, enterre d’avance le tramway sous des prétextes financiers très contestables et qu’on ne soulève même pas pour d’autres projets de voiries, de parkings ou autres... 

Il est urgent de mettre fin à ce surplace et à cette cacophonie !

L’imbrication du PDU et du PLU est telle qu’il est impensable que l’on n’arrête pas dans le même mouvement le règlement du PLU et son zonage, et le tracé de la première ligne de TCSP, voire également de la deuxième : les conséquences sur la vie des Amiénois, le développement de la ville, le prix des terrains et des logements sont trop importantes pour ne pas exiger une cohérence totale et concertée.

De plus, la crise de l’énergie qui s’annonce et l’accélération de la lutte contre l’effet de serre appellent des réponses rapides et à la hauteur, en termes de transports alternatifs à l’automobile : c’est un enjeu vital au plan économique , social et écologique qui ne se discute plus.

Ma question est donc la suivante :

  • quand votre majorité va-t-elle se décider à lancer publiquement et en grand, le débat avec tous les Amiénois sur le choix des tracés des lignes de TCSP prévues au PDU et sur le choix du mode de TCSP ( tramway, “ tram ” sur pneus, trolleybus, bus...

Réponse de M. Hubert HENNO, adjoint au Maire d'Amiens.

Le plan de déplacements urbains,  adopté le 22 novembre 2002, retient parmi ses objectifs majeurs celui de " faire des TCSP une alternative crédible et valorisante à la voiture individuelle".

Cette volonté se fonde :

- sur le constat d'une perte d'efficacité et d'attractivité du réseau de transports urbains, générée par des difficultés croissantes de circulation.

- Sur la conviction que le développement durable des agglomérations urbaines doit donner une meilleure place aux modes de déplacements alternatifs qu’à la voiture individuelle.

Les transports publics urbains sont également un atout de cohésion sociale et de solidarité vis-à-vis d'une population plus faiblement motorisée que la moyenne nationale (21% des ménages sont non motorisés au plan national, alors qu’ils sont 27% dans l’agglomération d’Amiens).

Le projet TCSP est aujourd’hui pour notre agglomération dans une phase pré-opérationnelle.

La totalité de notre plan d’actions sera proposée prochainement à l’autorité organisatrice (Amiens Métropole) à laquelle seront présentées les conclusions des différentes études menées qui ont présidé à la définition du projet.

A titre d’information, les grands principes de notre projet TCSP ont fait l’objet d’une première présentation à l’occasion du Comité PDU le 19 septembre dernier.

Trois phases sont identifiées :

1- Le premier axe : Quartiers Nord – Gare.

Cet axe représente un potentiel important de gain de vitesse et de régularité pour 4 lignes du réseau, dont 2 majeures. Ce projet d'aménagement combine en continu sur 3,4 km des couloirs réservés et des sites propres intégraux, pour un coût de 5,6M€HT (charge nette de 4,6M€HT ; 1M€ subvention de l’Etat). Cette opération a été validée par le Conseil d’Amiens Métropole du 18 décembre 2003.

L’opération comprend les aménagements suivants :

- un couloir réservé Boulevard Alsace Lorraine dans le sens NordšSud, avec aménagement de feux tricolores donnant la priorité aux bus

- l’aménagement du boulevard Beauvillé (sites propres bilatéraux sur terre-plein) + réorganisation des carrefours pour donner la priorité aux autobus

- couloirs réservés bilatéraux sur le Boulevard de Roubaix, avec priorité aux feux.

- Couloirs réservés en site latéral bidirectionnel  rue Léo Lagrange et rue César Franck

- Circulation générale intégrée aux axes bus sur l’avenue de la Paix

Quelques caractéristiques :

- création d’un ouvrage supplémentaire de franchissement du bras Baraban

- création d’une passerelle dédiée aux piétons et cycles sur le Pont Beauvillé afin de récupérer l’emprise du trottoir sur l’ouvrage existant et permettre la poursuite du couloir bus jusqu’à l’entrée du carrefour avec la rue de Verdun (phase 2)

- réorganisation des carrefours pour en optimiser le fonctionnement et donner au boulevard un aspect plus urbain

- augmentation de la capacité de stationnement résidentiel dans les contre-allées

- intégration du boulevard Beauvillé dans la programmation du plan vélo avec cheminement cyclable dans les contre-allées identifiées dès lors en « zone 30 ».

- Augmentation de la présence du végétal sur ce boulevard pour donner une véritable dimension paysagère au projet.

L’enquête publique se termine le 23 septembre. Sous réserve de l’avis du commissaire enquêteur, les travaux devraient démarrer dès octobre pour une mise en service en septembre 2006.

2- Centre Ville – Hôpital Sud.

La priorité de notre projet repose sur la création d’une infrastructure dédiée. Le choix d’un matériel roulant innovant sera effectué au regard des évolutions technologiques.

Le second tracé identifié comme prioritaire est la liaison Gare / futur CHU. A cet effet, les études vont être lancées avec pour objectif une mise en service au plus proche de l’ouverture du futur CHU (2009).

3- Un éventail de mesures visant à la modernisation du réseau et à un accroissement de la vitesse commerciale :

- Le SAEIV (Système d’Aide à l’Exploitation et à l’Information Voyageurs) : à partir d’une localisation des bus par GPS, ce système permet des actions de régulation pour corriger les aléas de progression des véhicules et une information des voyageurs en temps réel dans les bus et aux points d’arrêt, avec notamment l’indication du temps d’attente avant l’arrivée des prochains bus. Le coût du projet est estimé à 1,5 M€ et sa mise en service pourrait intervenir en mai 2007.

- L’acquisition des bus grande capacité : dans le cadre du renouvellement du parc de bus articulés, l’appel d’offres en cours ouvre sur la recherche d’un nouveau design des véhicules et sur un système de guidage immatériel (opique ou magnétique). L’opération porte sur 9 véhicules, pour un coût de 3 M€. La livaison est prévue en mars 2007.

- Le transfert du dépôt :  L’exiguïté relative du site du dépôt actuel interdit sa nécessaire modernisation, et son maintien sur place obèrerait par ailleurs la réalisation du projet « Gare la Vallée ». La recherche d’un nouveau site est donc en cours et devrait aboutir à une décision très prochaine. Le coût de l’opération est estimé à 6 M€. Les travaux sont prévus en 2007.

- La priorité aux carrefours : dans l’attente du TCSP, il convient d’agir sans tarder pour améliorer la vitesse commerciale des bus, d’où, outre le site propre Quartiers Nord – Gare, un programme à court terme d’aménagements de priorité aux autobus (couloirs réservés, feux prioritaires), estimé à 1 M€ et qui sera réalisé en 2005-2006-2007.

Le financement.

La totalité du projet est estimée à 73 M€ pour la seule infrastructure. La première phase (Gare-CHU) est estimée à 21 M€ (uniquement sur l’infrastructure). Son financement imposera de mobiliser les ressources nécessaires. Une concertation a été engagée avec les acteurs économiques afin de leur présenter les enjeux de  notre politique de développement des transports publics tout en maintenant l’attractivité de notre territoire en terme de fiscalité.

 

 

Publié dans TRAMWAY

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